GENEVE, 27 janvier (Xinhua) — Des dirigeants européens ont appelé mardi à davantage de coopération multilatérale, de libre-échange et de distribution équitable des vaccins comme solutions face à la crise du COVID-19, au second jour du Forum économique mondial (FEM), tenu virtuellement cette année et rebaptisé pour l’occasion Agenda de Davos.

Ces discours font écho à celui du président chinois Xi Jinping qui a appelé la planète à rester attachée à l’ouverture et à l’inclusion plutôt qu’à la fermeture et à l’exclusion.

FAIRE DES VACCINS UN BIEN COMMUN MONDIAL

« En cas de pandémie, il n’y a pas de temps à perdre. Nous avons besoin d’une nouvelle approche public-privé pour détecter plus tôt, développer ensemble et fabriquer plus rapidement à grande échelle », a ainsi lancé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

« L’Europe a investi des milliards pour contribuer au développement des premiers vaccins contre le COVID-19 au monde. Pour créer un bien commun véritablement mondial », a-t-elle noté, exhortant les laboratoires pharmaceutiques et les fabricants de vaccins à « tenir leurs promesses ».

« Elles doivent respecter leurs obligations. C’est pourquoi nous allons mettre en place un mécanisme de transparence des exportations de vaccins. L’Europe est déterminée à contribuer à ce bien commun mondial, mais elle veut qu’on lui rende des comptes », a averti Mme Von der Leyen.

Le déploiement des vaccins dans les 27 pays de l’UE a été critiqué pour sa lenteur par rapport à d’autres régions développées, alors que le bloc régional s’efforce de surmonter une pandémie qui a déjà tué plus de 2,1 millions de personnes dans le monde.

MULTILATERALISME

« C’est l’heure du multilatéralisme », a jugé la chancelière allemande Angela Merkel, en soulignant que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et un commerce international équitable étaient la pierre angulaire d’une coopération internationale accrue.

« Je pense que l’OMC est absolument essentielle si nous voulons vraiment être sincères à propos du multilatéralisme. On voit aujourd’hui un certain nombre d’accords commerciaux bilatéraux, des accords commerciaux multilatéraux en Asie, on voit le RCEP qui est tout à fait remarquable, des pays aux structures très différentes liés par cet instrument », a-t-elle observé.

Le Partenariat économique régional global (RCEP) a été signé en novembre dernier par 15 pays, lançant ainsi le plus grand bloc de libre-échange au monde.

Le mois suivant, la Chine et l’UE ont conclu leurs négociations en vue d’un accord sur les investissements qui devrait stimuler le libre-échange et donner une impulsion à la reprise économique mondiale.

CHANGEMENT CLIMATIQUE

Outre la lutte contre le nouveau coronavirus et en faveur du développement économique, d’autres questions mondiales appellent également à une coopération et des règles multilatérales comme la lutte contre le changement climatique.

Dans son discours prononcé mardi, le président français Emmanuel Macron a souligné que le défi climatique constituait une priorité absolue. En matière de climat, « nous nous beaucoup engagés, mais nos actes ne sont pas encore à la hauteur de nos engagements » pris dans l’Accord de Paris, a-t-il regretté.

Aussi, l’UE « doit aller un cran plus loin et décider d’un prix plancher du CO2 (…) On doit accélérer la transition pour nos acteurs et donc avoir un prix minimum du CO2 et réussir à changer le modèle de production en Europe pour qu’il soit cohérent avec ces engagements », a plaidé M. Macron.

La 26e Conférence des parties (COP26) de la Convention-cadre de l’ONU sur le changement climatique se tiendra en novembre prochain à Glasgow.

ECONOMIE NUMERIQUE

La deuxième journée, virtuelle, du forum a également porté sur les régulations nécessaires dans l’économie numérique. Mme Von der Leyen a notamment jugé que les géants de l’internet et des réseaux sociaux devaient être encadrés et a proposé un « corpus réglementaire ».

« Nous voulons que les plateformes soient transparentes sur le fonctionnement de leurs algorithmes, parce que nous ne pouvons pas accepter que des décisions qui ont un impact considérable sur notre démocratie soient prises uniquement par des programmes informatiques », a-t-elle prévenu.

Aussi la patronne de la Commission européenne a appelé à des règles du secteur valables pour tous et reposant sur les « valeurs » de l’UE, allant de la protection des données et de la vie privée à la sécurité des infrastructures critiques.

Enfin, elle a promis un soutien financier accru aux projets numériques et que l’UE favoriserait des écosystèmes innovants pour que le bloc devienne « un pôle mondial de l’intelligence artificielle ».