GENEVE (Reuters) – Le remdesivir, l’antiviral expérimental du laboratoire américain Gilead, n’a que peu ou aucun effet sur la durée d’hospitalisation des patients atteints du COVID-19 ou sur les chances de survie de ceux-ci, selon les résultats d’une étude clinique menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le traitement, l’un des premiers à avoir été utilisés pour lutter contre la maladie provoquée par le nouveau coronavirus, a notamment été l’un de ceux administrés récemment au président américain Donald Trump.

Via son étude baptisée “Solidarité”, l’OMS a évalué les effets de traitements potentiels dont le remdesivir, l’hydroxychloroquine, l’association lopinavir-ritonavir (un traitement homologué contre le VIH) et l’interferon, sur 11.266 patients adultes à travers plus de 30 pays.

Les résultats de l’étude, annoncés jeudi par l’OMS, doivent encore être analysés. Ils ont été téléchargés sur le serveur de pré-publication medRxiv.

Plus tôt ce mois-ci, des données d’une étude américaine sur le remdesivir de Gilead ont montré que le traitement permettait de raccourcir de cinq jours le délai de guérison des patients.

Répondant à une demande de commentaire de Reuters, Gilead a déclaré que les données de l’OMS “apparaissent inconsistantes” par rapport à celles obtenues à l’issue d’études validant les bienfaits cliniques du remdesivir.

“Nous sommes préoccupés que les données provenant de cette étude mondiale ouverte n’aient pas fait l’objet de l’examen rigoureux nécessaire pour permettre une discussions scientifique constructive”, a ajouté le laboratoire américain.

L’administration américaine du médicament (FDA) a autorisé le 1er mai le recours en urgence au remdesivir aux Etats-Unis. Depuis, l’usage de l’antiviral expérimental a été autorisé dans plusieurs autres pays.